Je chante l’Awen,
des profondeurs je l’apporte…
Septembre, dans la roue de l’année celtique, est une période charnière. Les champs sont pleins de vie, les greniers se remplissent, et la grande récolte bat son plein. Dans les campagnes celtes, ce mois était consacré à l’abondance et à la gratitude envers la Terre-Mère.
Mais au-delà du travail des moissons et récoltes, septembre est un moment de transformation intérieure : le feu créateur s’éveille, et le souffle de l’Awen vient nourrir l’âme de son inspiration.

Transformer et faire naître
Après les récoltes, le feu accompagne les communautés. On cuit le pain, on prépare les conserves, on forge les outils nécessaires à la saison sombre. Mais ce feu extérieur résonne aussi avec un feu intérieur : celui qui nous invite à façonner nos idées, nos émotions, nos visions.
Septembre est un mois où la vie nous rappelle que créer, c’est transformer. Comme le forgeron travaille le métal dans la flamme, nous pouvons laisser nos expériences passer dans le feu de l’âme pour devenir autre chose : une œuvre, une décision, un pas vers un nouvel horizon.
Le feu créateur est donc une énergie de passage : il prend l’ancien pour le renouveler. Il nous enseigne que rien n’est figé, et que chaque étape, même une fin, peut être l’étincelle d’un nouveau commencement, tout comme le raisin, écrasé, peut devenir l’ébauche d’un bon vin.
Awen : souffle sacré
C’est dans ce contexte que s’inscrit la notion d’Awen, un mot gallois dont la racine signifie « souffle, vent, inspiration ». Pour les bardes et druides celtes, l’Awen était plus qu’un concept : c’était une force vivante, un courant qui relie l’humain aux royaumes visibles et invisibles.
On dit que l’Awen vient du ciel, comme une lumière dorée qui descend sur l’esprit, mais aussi des profondeurs, comme une énergie argentée qui remonte de la terre et des eaux. Lorsque ces deux flux se rencontrent dans le cœur, ils ouvrent la voie à la création. L’Awen n’est pas réservé aux poètes ou aux artistes : il est présent partout où l’on vit avec conscience, que ce soit en sculptant la matière, en élevant une prière, ou simplement en tissant la beauté dans le quotidien.
Accueillir l’Awen, c’est se rendre disponible. C’est accueillir le souffle comme un don, une vibration qui traverse, une étincelle qui nous rappelle que nous faisons partie d’un tout.
Pratiquer une respiration inspirée de l’Awen
Pour s’ouvrir à l’Awen, il est possible de pratiquer une méditation simple, centrée sur le souffle et la visualisation.
1. Asseyez-vous confortablement et inspirez lentement, comme si vous faisiez remonter l’eau argentée d’un océan intérieur depuis vos pieds, vos jambes et votre bassin jusqu’au plexus solaire. Laissez cette lumière argentée circuler dans la partie inférieure de votre corps.
2. À l’expiration, ressentez cette énergie qui redescend vers la terre, vous ancrant profondément.
3. Visualisez maintenant un soleil doré au-dessus de votre tête. Ses rayons descendent à travers votre tête, votre cou, vos épaules et se mêlent au flux argenté venu d’en bas.
4. Inspirez l’argenté de la Terre, expirez le doré du Ciel. Sentez les deux souffles se rencontrer dans la région de votre cœur, créant une chaleur, une vibration ou une sensation de plénitude.
Cette respiration est une façon d’inviter l’Awen, de laisser le feu créateur s’allumer et de préparer un espace intérieur propice à la création.
Septembre est une période où le feu créateur nous rappelle que la vie est en mouvement, et que nous avons la capacité de transformer nos expériences en sagesse, en beauté, en art.
Et c’est une période où l’Awen souffle plus fort, prêt à inspirer ceux qui tendent l’oreille et ouvrent le cœur.
